29/10/2006

Un été à Kyoto

 

UN ETE A KYOTO




A Friduchita





Eté de neige

flocons de soie grège

grêlant sur la grève

d'un visage

que n'ai-je

la clé de l'arpège

le la de ce tableau-là

Un été à Kyoto


Eté de neige

Flocons d'effroi

Baisers du froid

L'ombre blanche

de Kawabata

se penche - ombre d'ange

de kami du panthéon shinto -

Un été à Kyoto


Eté de soie

Sussure sur soi

Nervures nerveuses

vibrent – fibreuses  

sur le visage sans âge

qui s'efface dans la glace

S'enlacent les traces

d'un face à face

traité trop tôt

Un été à Kyoto

 

Un été à Kyoto

 

11:39 Écrit par Marco Bertolini dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ete, poesie, kyoto |  Facebook |

28/10/2006

La Maison des Morts

 

Je reviens de la maison des morts








Je reviens de la maison des morts

Un long effroi

Un incommensurable hiver

Une morne saison aux fruits mort-nés


J’ajoutais la pierre à la pierre

et la douleur à la douleur


Sisyphe pathétique

je poussais sans fin mon chagrin vers la sortie

qui s’éloignait d’autant



Je reviens de la maison des morts

Laissez-moi apprendre encor le langage du corps

Le cri du corps le murmure des jointures

La mort n'avait pas ma pointure

Je reviens de la maison des morts



Je reviens de la maison des morts

Et j'ai retrouvé mon nom sur le chemin du retour

Un nom gris comme la pluie dont j'avais perdu le sens

Le sens le goût et la prononciation

Je reviens de la maison des morts


Je n'y retournerai qu'après un avant-dire

Une préface à rebours

Une palynodie un après-vie sans recours

J'ai encore trop de choses à dire

Avant de retourner auprès de mes chers morts

 

 

 

Je reviens de la Maison des Morts

 


Ce tableau de Friduchita a été inspiré par ce poème.  Pour voir d'autres oeuvre de cette artiste, cliquez ici.

11:45 Écrit par Marco Bertolini dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poesie, mort |  Facebook |

27/10/2006

Ta loi

 


Ta loi







Tu m'as imposé ta loi


Ta loi de silence

et ta loi de candeur


Ta loi de vengeance

et ta loi de rumeurs


Ta loi de souffrance

et ta loi de vigueur


Je suis entré en toi comme on entre en prêtrise

Je me suis dépouillé de ma robe de douleur

et de mon manteau de sagesse

et j'ai effacé de ma mémoire tout souvenir de l'ailleurs

J'ai recraché au loin la nourriture

devenue subitement infecte

J'ai bu à ta source et j'ai avalé ton miel

J'ai effacé mon nom et rejetté ma lignée

j'ai maudit tout ceux-là que tu m'as désignés


Et je suis seul

Seul à croire en ta loi

A l'appliquer sans réserve

A crier que c'est toi

A crier que c'est toi !


Mais le tranchant des mots s'émousse

et ne taille plus que le vent qui s'en moque

et je m'en vais seul dans ce désert torride

criant aboyant sifflant cacardant

Et quand je me retourne je l'aperçois :

mon humanité est derrière moi

loin si loin déjà



C'est moi qui me suis dépouillé

Moi et moi seul

Je défie quiconque prétendra le contraire

J'affuterai le tranchant de mes mots

Je lesterai le poids de mon verbe retrouvé

Car c'est dans la parole échangée

que je retrouverai mon humanité


13:53 Écrit par Marco Bertolini dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poesie, loi, humanite |  Facebook |