31/10/2006

Sans titre

 


A l'aube des roses-thé

A l'ombre des faussetés

Je voyage, je voyage,

Errant sans bagage

Sans autre viatique

Qu'un sonnet à l'antique


Connais-tu le sésame ?

Là où se perdent les âmes

Là où se peignent les trames

De quelques honteux drames

C'est un lieu qui n'a pas de nom

Un Arverne à l'abandon

C'est un lieu sans mémoire

Où sévit un présent sans histoire

Sans passé ni futur

Un piège tendu de dorure


A l'ombre des roses-thé

A l'aube des faussetés

Je reviens de si loin

Je reviens de si loin

Que les mots manquent pour le dire

Que les mots mentent pour le dire


Mon visage-même me ment

Car dans cet éternel présent

Nulle trace de vieillesse

Nulle marque de tristesse

Ne viennent dire les horreurs

D'une traversée de la peur

Comment encore être soi

Dans un temps qui n'appartient qu'à soi ?


Dans le grand registre du temps

Une seule page écrite : le présent

Celle d'hier n'est plus

Celle de demain pas advenue

Réinventons le passé

Avant qu'il soit dépassé

Retissons la mémoire

Seule source d'espoir

Pour être soi, il faut l'avoir

Eté au moins une fois

Dans ce présent sans amarres

L'infini flirte avec l'éternité

Ce n'est pas un temps pour notre capacité

Nous ne jonglons qu'avec des fragments

D'un passé qui se conjugue au présent

Et un futur qui en découle inéluctablement

00:01 Écrit par Marco Bertolini dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : temps, eternite, arverne |  Facebook |

30/10/2006

Pantoum négligé

 



Pantoum négligé


 



Au midi de tes heures

il fait déjà si sombre

C'est un temps de malheur

et un rituel d'ombre



Il fait déjà si sombre

C'est une faible lueur

et un rituel d'ombre

ronde sombre sur mon coeur



C'est une faible lueur

qui brille dans la pénombre

ronde sombre sur mon coeur

débordé par le nombre



Qui brille dans la pénombre ?

C'est la lampe du veilleur

Débordé par le nombre

et pourtant vainqueur








11:41 Écrit par Marco Bertolini dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poesie, pantoum |  Facebook |

29/10/2006

Un été à Kyoto

 

UN ETE A KYOTO




A Friduchita





Eté de neige

flocons de soie grège

grêlant sur la grève

d'un visage

que n'ai-je

la clé de l'arpège

le la de ce tableau-là

Un été à Kyoto


Eté de neige

Flocons d'effroi

Baisers du froid

L'ombre blanche

de Kawabata

se penche - ombre d'ange

de kami du panthéon shinto -

Un été à Kyoto


Eté de soie

Sussure sur soi

Nervures nerveuses

vibrent – fibreuses  

sur le visage sans âge

qui s'efface dans la glace

S'enlacent les traces

d'un face à face

traité trop tôt

Un été à Kyoto

 

Un été à Kyoto

 

11:39 Écrit par Marco Bertolini dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ete, poesie, kyoto |  Facebook |